Le Whispergen, enfin!
Baromètre : 1017 mb
Ciel : nuageux, plafond bas, neige passagère
Vent : NE 15 nd
Température extérieure : -5.7°
Indice de refroidissement du vent : -8°
Température timonerie : 7.5°
Température cambuse : 11.1°
Température cabine avant : 8°
Température passerelle : 15°
Température chambre des moteurs : 6.4°
Consommation fuel : 16 litres /24h
Chauffage : cuisinière Dickinson, niveau 2
Pendant qu'il neige et qu'Ika fait le dos rond, j'ai décidé de compléter l'installation du très fameux Whispergen dont on attend des miracles. Peu de gens connaissent ce nouveau type de co-génération et je vous donne ici le lien vers la societé pour mieux comprendre ce qu'est un moteur Stirling.
Descendu dans la chambre des moteurs quelques jours avant de quitter La Rochelle , le WhisperGen n'a jamais été vraiment installé ni démarré. C'est une machine de haute précision et chaque détail compte. L'installation doit être parfaite pour une utilisation sans soucis, dixit Dinco Van Dvorsel, l'importateur européen qui est lui-meme venu nous l'apporter de Hollande et qui a passé deux jours à m'expliquer tous les détails de fonctionnement.
L'intérêt d'une telle machine? Elle produit 33 Amps en 24V et 7kW de chaleur... en silence et ne consomme que 0.75 litre. Ce n'est pas un moteur classique, donc pas de vérification et changement d'huile, pas de vibration, une propreté totale. Un entretien limité à une heure toutes les 600 heures. Une très grande sécurité d'utilisation. Le diesel est brûlé avec une efficacité de 92%, ce qui la place en haut
du podium de l'écologie.
Les désavantages? Je vous les dirai dans quelque temps!
A chaud, le premier: il faut prêter beaucoup d'attention à l'installation: aucun "bricolage" n'est permis. Le second, le WhisperGen ne produit qu'1 Kw d'électricité (mais en continu), ce qui oblige à repenser entièrement la gestion du bord. C'est une autre manière de voir les choses. Nous avons à bord une tres grosse réserve de stockage, 1400 Ampères en 24V sous la forme de batteries 2V (plus d'une tonne de plomb, ça fait du lest utile). Il faut apprendre à gérer l'électricité un peu comme la gestion de l'eau à bord. Il ne s'agit plus de tourner la clef du classique générateur quand on a besoin de puissance, un peu comme on fait à la maison sans vraiment se soucier de la consommation de chaque objet branché. Cela ne veut pas dire que l'on n'a pas de puissance (nous avons par exemple des plaques de cuisson à induction qui consomment 3,5 kW) mais qu'il vaut mieux apprendre à compter ce qui sort et ce qui rentre, un peu comme avec une réserve d'eau et un desalinisateur.
Mais pas aujourd'hui car je me sens un peu a plat. J'ai eu la chance de me faire bien aimablement vacciner contre la grippe par l''AFN', Association des Francophones du Nunavut, lors du lunch organisé tous les vendredis. Et du coup, aujourd'hui, me voilà un peu dans les nuages. Je me suis dit que dans une si petite communauté qui vit surtout à l'intérieur, si une seule personne arrivait avec la grippe, il y avait beaucoup de chance que tout le monde l'attrape. Et j'ai l'impression que je ne peux pas me le permettre. Je serai bientôt l'ermite de la baie et bien seul si je dois manœuvrer ou agir d'urgence. Je deviens sage, non? Je pense surtout que je vis assez éloigné du monde et que mon système immunitaire va s'affaiblir. L'autre bonne raison, c'est que je n'ai pas de ce bon rhum de Martinique à bord, bien utile pour faire des remontants au miel, citron et cannelle. Ca serait une grippe triste et je n'en veux pas.
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