Entries from November 4, 2007 - November 10, 2007

Changement d'hélice

Baromètre : 1026 mb
Ciel : nuageux
Vent : SW 16 nds
Température extérieure : -4.3°
Indice de refroidissement du vent : -15°
Température timonerie : 4.6°
Température cambuse : 12.6°
Température cabine avant : 10°
Température passerelle : 7°
Température chambre des moteurs : 8.8°
Consommation fuel : 16 l /24h
Consommation d'eau : 22 l /24h

361769-1148662-thumbnail.jpgPour la position d'hiver, j'ai décidé de remettre les anciennes hélices en bronze. Ca va me permettre de réparer les pales en carbones qui étaient à l'essai et qui ont été bien entamées par les roches d'Iqaluit. S'échouer souvent et n'importe où, ou presque, fait que les hélices sont parfois mises à rude épreuve.

L'utilisation de cette fibre de carbone à de nombreux avantages: légèreté, résistance, raideur. De plus et c'est ce qui m'intéressait en premier, il est possible de changer une pale sans avoir à sortir le moyeu de l'arbre, ce qui peut être fait en plongée, dans le pire des cas.

Un autre avantage pour nous dans la glace est le fait qu'après un choc violent (comme ici avec des roches), ça n'est que l'extrémité des pales qui se délite, contrairement au bronze qui lui va se 361769-1148660-thumbnail.jpgdéchirer partiellement et se tordre. Une hélice en bronze, dont les bouts des pales sont voilés et déchirés, perd son équilibre, sa balance, et se met à vibrer en rotation, au point qu'il est souvent impossible de l'utiliser pour la propulsion. Ces vibrations sont capables d'aller jusqu'à désolidariser les pattes de fixation du moteur et provoquer des dégâts considérables sur l'arbre d'hélice et les bagues de portée.

Rien de tout cela avec les hélices en carbone qui n'ont presque pas d'inertie et ne provoquent pas de vibration parasite. Lors d'une manoeuvre le mois dernier,  je me suis aperçu avoir touché une roche car le choc a stoppé net le moteur bâbord. L'hélice tribord a, elle aussi touché, mais je ne l'ai pas senti ; pas de choc, pas de vibrations. Je suis incapable de dire à quel moment.  En redémarrant le moteur bâbord, je me suis servi de l'hélice pour une longue marche arrière contre 25 noeuds de vent et je n'ai pas vraiment noté de différence dans le feu de l'action.

Ces hélices présentent pour Aurora plusieurs avantages:

  • Nous disposons de plusieurs jeux de pales que nous pouvons changer sans avoir besoin ni de sortir le bateau, ni même d'avoir à extraire l'hélice de l'arbre
  • En cas de choc, l'hélice reste opérationnelle et n'affecte pas d'autre partie mécanique, seule une perte progressive de puissance en découle
  • La société de production a gardé les caractéristiques et le moule. Il est facile de se faire expédier une pale si besoin dans une simple enveloppe à bulle et par avion, car chaque pale ne pèse pas plus de 2 kg
  • les inverseurs, les arbres et les moteurs fatiguent beaucoup moins et peuvent supporter des manoeuvres avant arrière très rapides du fait de l'absence d'inertie en bout d'arbre
  • le niveau sonore à l'intérieur du bateau diminue sensiblement, il y a moins de cavitation  

Haute technologie récente, fibres de carbone/kevlar : un seul désavantage, le prix élevé.

Mais pourquoi deux pales? Apres plusieurs mois de réflexion, de modélisation et d'hésitation de ma 361769-1148661-thumbnail.jpgpart (je suis comme ça, un vrai casse-pied, je crois), le Dr Buchler, inventeur et patron de la société allemande m'a conseillé le choix d'hélices à deux pales pour la glace.  Deux pales permettent d'évacuer plus facilement les glaces qui pourraient s'accumuler. De plus, ce choix permet d'augmenter sensiblement l'épaisseur de la pale, donc sa résistance aux impacts.

Enfin, en eaux libres, Aurora a gagné 0,8 noeud à consommation constante en comparaison sur une traversée d'Atlantique. Ça, c'est déjà un succès.

 

Posted on Saturday, 2007-November-10- 5:02 by Registered CommenterPierre | CommentsPost a Comment | EmailEmail | PrintPrint

La nuit arrive

Baromètre : 1010 mb
Ciel : nuageux
Vent : NW 22 nds
Température extérieure : -8.5°
Indice de refroidissement du vent : 15°
Température timonerie : 3.6°
Température cambuse : 12.6°
Température cabine avant : 9°
Température passerelle : 5°
Température chambre des moteurs : 6.2°
Consommation fuel : 15 litres /24h

Il est 15h30 et il fait déjà nuit. Il faut s'habituer. Je savoure mes derniers jours près de la grande ville. Une journée simple et bien remplie me fait apprécier la chance d'être ici.

Je voudrais rassurer ceux qui pensent que je pourrais m'ennuyer: pas le temps! Aujourd'hui c'était un lever à 07h30, café, noter les températures, faire le tour du bateau pour noter l'apparition de possibles problemes, déjeuner. Puis marcher jusqu'a la zone technique de l'aéroport (ça veut dire s'habiller en conséquence, il fait -9°), revenir avec un extracteur pour les hélices que je n'ai pas encore changées. M'apercevoir que ce n'est pas la bonne taille, changer de programme car si je retourne aujourd'hui ce sera trop tard de toute facon pour travailler avec la marée qui monte.

Continuer à installer des gaines de protections pour les nouvelles canalisations de chauffage. Puis passer à la cambuse pour préparer un déjeuner pour deux : le patron des Gardes-Côtes doit venir pour le lunch. Il ne viendra pas, appelé pour une urgence. Heureusement Francis, notre avocat-traducteur qui travaille sur la mise en place des lois sur l'éducation au Nunavut arrive et le remplace.

De nouveau les mains dans le chauffage puis visite de Mathieu qui vient proposer son aide pour faire les pleins d'eau avant le départ du bateau pour le mouillage. Pas facile ce dernier plein: on est à 40 mètres du bord et le terrain est cahotique avec les glaces accumulées des dernières marées. Ce qui mettrait 3 minutes ailleurs va nous prendre 30 minutes ici.

Vient la promenade qui sert de pretexte à aller repérer le mouillage, du bout de la jetée, une dernière fois. Et il fait déjà nuit. Passage a North-Mart, supermarché tout neuf de la ville. Je fais provision d'oeufs frais. Retour au bateau, un petit bout de travail sur le chauffage pour bien finir la journée et préparation du dîner. Pour sourire un peu, je confectionne un beau gateau à la banane, avec de vraies bananes du sud.

Et informatique comme second dessert. Lundi, mon disque dur a crashé. D'ou mon silence. Le froid? Je sors un nouveau disque que j'installe sur une nouvelle machine achetée aux enchères à Terre-Neuve et que je n'avais pas eu le temps de mettre en route. Elle devrait etre dédiée à la timonerie et devrait servir au stockage des données de navigation, de météo et d'observation du bateau. Mon dada ou hobby, ce sont les systemes d'exploitation. Me voila parti à installer Free BSD , esseyez PC-BSD, un rêve-, Microsoft Vista et Mac OSx pour Intel (oui, le systeme Mac peut fonctionner sur PC) sur le même disque divisé en trois parts égales. Une nouvelle soirée de sport!

Mais avant, finissons ce post. J'ai pris l'habitude d'écrire entre 18h00 et 21h00. Et apres tout ca, un livre?  

 

Posted on Thursday, 2007-November-8- 8:26 by Registered CommenterPierre | CommentsPost a Comment | EmailEmail | PrintPrint

Sortira, sortira pas?

Baromètre : 1030 mb
Ciel : nuageux
Vent : calme
Température extérieure : -3.5°
Indice de refroidissement du vent : °
Température timonerie : 4.5°
Température cambuse : 14.1°
Température cabine avant : 11°
Température passerelle : 8°
Température chambre des moteurs : 7.9°
Consommation fuel : 14 litres /24h
Chauffage : cuisinière Dickinson, niveau 2

La question se pose sérieusement à Iqaluit, je m'en apercois. Le bateau orange... Sortira-t-il ou pas?

361769-1140302-thumbnail.jpgLa bande côtière de marnage, là ou la marée se retire en laisant la glace se superposer (Iqaluit étant la deuzième place en Atlantique pour la hauteur d'eau, marnages de 12 mètres et plus) est  traditionnellement un vrai chaos de glace qui s'accumule jusqu'à des épaisseurs de trois mètres, avec un taux de compression impressionnant. Imaginez les calculs de hauteur d'eau. Et ajoutez des glaces dérivantes pour pimenter.

J'ai annoncé à tout le monde qu'Aurora Magnetica allait se faire prendre dans la glace de la baie. Depuis bientôt  deux mois je suis echoué dans une encoche de la côte. Je profite de la qualité première du bateau, de ce qui en fait son unicité: être capable  de se positionner là ou les autres ne peuvent pas. Etre capable de profiter de chaque recoin naturel.

Depuis deux mois nous sommes échoués près d'Iqaluit et c'est extrêmement fonctionnel:361769-1140301-thumbnail.jpg nous nous sommes affranchi des marées dans un endroit où elles sont particulièrement fortes.  A date, le bateau a rempli son cahier des charges. Mais maintenant, cet abris peut devenir un vrai piège maintenant que la glace arrive   

Avec Pascale de Reimpré qui a été présente tout au long du projet et qui m'a fait entièrement confiance, nous avons voulu et construit un bateau à l'aise dans ce type de  situation. Ai-je ete trop loin? La reponse est dans quelques jours... et la tension monte.

En attendant, allons d'un extreme à l'autre. J'ai appris ce soir à jouer au volley-ball grâce à tous mes nouveaux amis dans une toute nouvelle 361769-1140300-thumbnail.jpg salle d'une toute nouvelle école. Ils ne m'ont pas posé de questions et m'ont acceuilli tout simplement. Des gens bien et généreux.
Moi qui ai de gros problèmes d'eau douce à bord, j'en ai profité pour prendre une douche illimité dans une cabine qui avait encore la bande de garantie à l'interieur. C'est donc moi qui l'ai inaugurée? Et dire que j'étais seul!

Admirez: cette salle est aux portes de l'Arctique !

 

 

Posted on Wednesday, 2007-November-7- 10:42 by Registered CommenterPierre | CommentsPost a Comment | EmailEmail | PrintPrint

Petit dimanche ordinaire

Baromètre : 1005 mb
Ciel : nuageux
Vent : ENE 15 nd
Température extérieure : -4.5°
Indice de refroidissement du vent : -12°
Température timonerie : 10.5°
Température cambuse : 15.9°
Température cabine avant : 11°
Température passerelle : 12°
Température chambre des moteurs : 11.4°
Consommation fuel : 15 litres /24h
Chauffage : cuisinière Dickinson, niveau 2

Lien interessant ici: une équipe internationale a collecté des données et organise un site Internet important pour ceux qui s'intéressent aux changements qui s'opèrent en Arctique. Les données sont présentées de manière à montrer les variations, sans rien vouloir prouver ou affirmer. Elles concernent l'atmosphère, la terre et l'océan. Aussi intéressantes sont les données sur les variations qui apparaissent chez les espèces animales, leur quantité et leur habitat.

361769-1133679-thumbnail.jpgPas grand chose de marquant ce dimanche, tout me semble bien ordinaire. Pour une fois, je n'ai pas eu de visite: on m'a oublié! Le plus marquant du jour semble donc être le changement d'heure: nous sommes repassés à l'heure d'hiver. C'est donc l'hiver.

Petits détails à finir et fabrication de petits radiateurs pour la passerelle et le carré. Tubes de cuivres soudés simplement et embouts de raccord pour se connecter à du PEX. Là non plus, rien d'extraordinaire.

361769-1133677-thumbnail.jpg

361769-1133678-thumbnail.jpgIka, elle, s'amuse dans la neige et les cailloux de la berge. À chaque marée, la glace s'accumule en strates et le paysage change doucement, imperceptiblement. Il n'empêche, je ne retrouve plus mes repères habituels pris sur les cailloux qui ont presque disparus.

 

361769-1133676-thumbnail.jpgJ'allais retirer les hélices pour installer les anciens modèles en bronze pour l'hiver. Mais sauvé, le vent se lève et s'engouffre sous le bateau: impossible de garder les yeux ouverts, je n'ai plus qu'à aller me réfugier au chaud. J'aimerais réparer tranquillement les pales carbone cet hiver et essayer d'installer une protection en avant du moyeu. À voir!

 

Posted on Sunday, 2007-November-4- 6:46 by Registered CommenterPierre | CommentsPost a Comment | EmailEmail | PrintPrint